30/01/2012

L’Europe, c’est la « paye » ! Pourquoi certains partis politiques critiquent l'europe mais n'en sortirons pas

L’Europe, c’est la « paie » !

Une conférence de François ASSELINEAU sur l’Europe et ses dépenses somptuaires.

(Enregistrée à SENS, décembre 2011 )

 

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16:36 Publié dans Pour comprendre, Une autre Europe ?! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : logement, santé, social, dépenses, budget | |  Facebook | |  Imprimer |

25/01/2012

Non Mr Bayrou, on ne peut pas simplement dire « Zut » à Bruxelles

Quand les politiciens sont face à leurs contradictions à propos de l'Union européenne.
Heureusement quelques journalistes commencent à brancher leurs neurones...

 

Question de Natacha Polony à François Bayrou sur le "Consommons local", son thème de campagne :

Cette question sur le "Consommons local devrait être son point fort à Bayrou, puisque c'est justement son thème de campagne...


« Vous êtes un fervent européen,et vous avez toujours défendu la construction européenne telle qu’elle se fait, avec les traités européens tels qu’ils se sont fait. Or le dogme de ces traités européens c’est la concurrence libre et non faussée.

Je vous cite un exemple.

Il y a actuellement un décret pour autoriser les cantines scolaires à faire des appels d’offre pour faire travailler les agriculteurs qui sont proches. Le commissaire européen chargé de la concurrence a expliqué que c’était contraire à la concurrence libre et non faussé et qu’il fallait faire des appels d’offre généraux, comment vous faites avec ça ? »

 

Après avoir essayé de répondre qu'il était contre ces traités (1) !  Mr Bayrou acculé n'a eu d'autre choix que de répondre : « On dira "Zut" à Bruxelles ».

Un petit récap ?

  1. Bayrou nous promet de faire travailler les producteurs locaux
  2. Mais on sait Bruxelles nous l'interdit
  3. C'est donc une fausse promesse que son programme "Consommons local" (seuls les français non-compétents en droit européen y croient d'ailleurs à cette "promesse")
  4. La journaliste - merci ! - lui fait remarquer cette incohérence
  5. Bayrou tente de nous embrouiller et de nous dire qu'il était contre ce traité (!!!)
  6. Puis face aux journalistes qui insistent - ils sont doués ce jour-là -, Bayrou est obligé pour rendre crédible sa promesse de nous dire que ok Bruxelles nous l'interdit mais on peut se passer de Bruxelles et lui dire "Zut".
  7. Tout simplement...? Dire Zut à un traité et à ses partenaires ? Voyons cela...

 

Dire « Zut » à Bruxelles est une impasse qui a déjà été essayée

Quand l'Europe nous empêche de faire quelque chose, François Bayrou ne remet pas en cause le principe ni le fonctionnement de l'Union européenne. Bien trop compliqué. Il nous dit simplement «Zut ! ».

Faisons-lui remarquer que quelques « Zut » ont déjà été tentés dans le passé (et dans bien des domaines). Pas de nouveauté de ce côté là donc, sauf le vocabulaire. Quelques exemples :

  • Risques d'amendes élevées : Mme Roselyne Bachelot voulait dire « Zut » à Bruxelles lors de la mise sur le marché du fameux Red Bull (qui ne correspondait pas à nos standars au niveau de la santé). Elle s'est elle-même reprise : « Le coût des amendes imposées par l'Union européenne sera trop élevé, je n'ai pas eu le choix ».

 

  • Remboursement des subventions françaises : Ex. : La France a voulu dire « Zut » à Bruxelles en promettant des subventions aux pécheurs. Ce « Zut » a été de courte durée puisque l'Union Européenne a demandé le remboursement de l'argent versé.

 

  • Amendes faramineuses : En 2008, la France a payé 587 millions d’euros d’amende pour « non transposition des lois dans les délais », dont 10 millions parce que l’on tarde à appliquer les directives concernant les OGM (appliquer ces directives rapidement aurait eu pour effet de montrer aux Français qu’ils n’ont vraiment plus le pouvoir de décider, mieux valait payer l’amende …). Et ce montant uniquement pour les OGMs ; imagnez le tarif si l'on dit « Zut » à tout va !
  • Le risque final : Plus récemment et encore plus contraignant  - en fonction du niveau du « Zut » - :
    Par la bouche de son président José Manuel Barroso, la Commission européenne a décidé d'envoyer trois lettres de mise en demeure au gouvernement hongrois, pour lui donner deux mois pour se conformer au droit européen en le menaçant de l'article 7.

    Cet article 7 permet, dans son alinea 3, de suspendre les droits de vote dans l'Union Européenne d'un Etat. (2)


On ne peut pas impunément faire des bras d'honneur aux Traités signés

Dire « Zut » à Bruxelles, c'est faire des bras d’honneur aux autres pays en ne respectant pas notre contrat et cela pose de sérieux problèmes :

- un problème moral : Ce n'est pas grave dirons certains. Mais pourquoi signer un Traité si ce n'est pour le respecter ? Quelles valeurs montrerons-nous à nos enfants et quelle image donnerons-nous de la France aux autres pays  ?

- un problème international : Comment pourra t-on ensuite, au niveau international, dénoncer ou discuter avec les pays qui ne respectent pas leurs engagements (Traités environnementaux, droits de l’hommes...) ? Charité bien ordonnée commence par soit-même...

- un problème financier : Puisque "désobéir" à Bruxelles nous expose à des amendes faramineuses.

- un problème concernant les relations entre les pays d’Europe : Car les autres pays voyant que nous ne respectons pas les règles feront de même dans d’autres domaines. Prévoir bagarres et luttes au programme. Est-ce ça l’entente et la paix européenne ?

- un problème légal : Le risque final et prévisible étant cet article 7 du Traité de Fonctionnement de l'Union européenne  : "en cas de violation grave et persistante des valeurs fondamentales", le retrait du droit de vote du pays au sein de l'Union européenne.

 


Si l’on n’est pas d’accord avec un Traité que l'on a signé (et que l’histoire nous a montré qu’on n'arrivait pas à le changer), eh bien on en sort, tout simplement.

Si nous ne sommes pas d’accord avec le contenu d’un Traité et que nous trouvons que ces obligations ne correspondent pas à nos besoins (et aux besoins de nos voisins européens, car ils sont chacun individuellement dans un cas identique à nous) alors, on se désengage, tout simplement.

Et ce, de la manière la plus démocratique qui soit. Il existe un article (l'article 50) qui indique à un pays comment sortir de l'Union europenne quand il le souhaite.

Ce qui ne nous empêchera pas - bien au contraire - de créer des nouvelles relations et de nouveaux accords avec chaque pays, au cas par cas et par thème (économie, un secteur particulier dans l’agriculture, environnement, ....). Ce qui fonctionnera, à l’inverse d’un accord généralisé avec 27 pays différents et tous les thèmes à la fois.


 

 Voir aussi :

(1) : BAYROU : simple girouette ou réel opportuniste ?
(2) : Dissidence hongroise : article 7 ou article 50, il faut choisir !

NOUVEAU REBONDISSEMENT DU CAS HONGROIS : LA PREUVE EST FAITE QU'IL N'Y A PAS D'AUTRE CHOIX QU'ENTRE LA SOUMISSION À L'UNION EUROPENNE OU LA SORTIE VIA L'ARTICLE 50
Le 24/01/2012, les ministres des finances de l'Union européenne viennent en effet d'approuver les mesures de sanction (à l'encontre de la Hongrie) qui devraient prendre la forme d'un "gel" des subventions européennes.

 

24/01/2012

Nouveau rebondissement du cas hongrois : la preuve est faite qu'il n'y a pas d'autre choix qu'entre la soumissio n à l'ue ou la sortie via l'article 50

== NOUVEAU REBONDISSEMENT DU CAS HONGROIS : LA PREUVE EST FAITE QU'IL N'Y A PAS D'AUTRE CHOIX QU'ENTRE LA SOUMISSION À L'UNION EUROPENNE OU LA SORTIE VIA L'ARTICLE 50 ==

L'affaire n'a pas traîné : la Hongrie va faire l'objet de mesures punitives sans précédent historique depuis le traité de Rome. Les ministres des finances de l'Union européenne viennent en effet d'approuver les mesures de sanction qui devraient prendre la forme d'un "gel" des subventions européennes à la Hongrie.


Cette punition est présentée hypocritement comme visant les "déficits excessifs". Mais tout le monde sait qu'il s'agit de punir la Hongrie pour autre chose : le viol de plusieurs articles des traités, notamment l'inscription dans la Constitution hongroise que "le forint est la monnaie de la Hongrie" et l'adoption d'une loi remettant en cause "l'indépendance" de la Banque centrale de Hongrie ["indépendance" à l'égard du seul suffrage universel s'entend] .


Voilà ce qu'il en coûte de défier l'Union européenne tout en restant dedans. Les mesures punitives ne se font pas attendre. Et le reste est à venir !

Il ne faut pas imaginer une seconde que la France échapperait à pareilles mesures si elle s'avisait de suivre les propositions de "désobéir-aux-traités-mais-en-restant-dans-l'UE" lancées par Mme Le Pen, M. Mélenchon ou M. Dupont-Aignan. La France serait sommée d'obéir, traînée devant la Cour de Justice et les subventions qu'elle reçoit seraient rapidement diminuées, voire taries.


Ce n'est pas parce que la France est "contributrice nette" à l'UE que cela changerait les choses. Car, devant de telles mesures punitives, le gouvernement serait mis au pied du mur, tout comme l'est désormais le gouvernement de Budapest.


Il lui faudrait choisir :
- soit de rentrer piteusement dans le rang, toute honte bue ;
- soit d'aggraver encore la crise.
Cette seconde hypothèse ne pourrait déboucher que sur la nécessité de sortir de l'UE en appliquant l'article 50 (ou... de rentrer dans le rang). Mais une telle sortie se négocierait alors dans les pires conditions puisque les autres gouvernements de l'UE, chauffés à blanc par la crise, seraient déterminés à refuser toute concession.


Je le dis et le répète : il faut soit se soumettre à l'UE et à toutes ses contraintes, soit en sortir par l'article 50. Il n'y a pas d'autre choix. Tous ceux qui disent le contraire sont des menteurs et des manipulateurs d'opinion.


François ASSELINEAU
==
(romandie.com) : ALERTE - Hongrie: l'UE ouvre la voie à des sanctions pour déficit excessif

A lire : On ne peut pas dire "Zut" à Bruxelles