02/02/2012

La proskynèse des larbins

L'état de déliquescence de la classe politique française atteint sans cesse de nouveaux sommets.
Cela fait au moins deux décennies que nos responsables politiques semblent avoir admis, une fois pour toutes, que l'on ne pouvait pas être élu président de la République si l'on n'allait pas auparavant faire sa proskynèse devant le président des États-Unis, (ou au moins devant quelques comparses d'outre-Atlantique comme l'a fait si piteusement Mme Le Pen il y a quelques semaines).

[pour ceux qui auraient oublié ce qu'est la proskynèse antique, je renvoie à : http://fr.wikipedia.org/wiki/Proskyn%C3%A8se].

Mais désormais ce rituel de soumission devant le président américain ne suffit plus.


Il faut aussi avoir été adoubé par le Forum de Davos, ou être un "Young Leader" de la French American Foundation (c'est le cas de M. Hollande, entre autres...).

Il est bon, aussi, d'avoir passé commande, en argent sonnant et trébuchant, de conseils en "com'" auprès de Mme Anne Méaux, la "papesse" des politiques.


Mais il faut aussi, et c'est plus nouveau, être allé cirer les pompes de M. Hamad ben Khalifa al-Thani, ci-devant Émir du Qatar. Mine de rien, ce potentat, de mèche avec Washington, est en passe de devenir l'un des acteurs majeurs de la politique française.


Le principal mérite de M. Hamad ben Khalifa al Thani est d'être le fils de son père Khalifa ben Hamad Al Thani, qu'il a d'ailleurs renversé par un coup d'État tout en le gardant auprès de lui. (C'est un petit peu l'histoire de Marine ben Jean-Marie Al Lepen).


L'Émir du Qatar doit sa position enviable au fait que sa presqu'île désertique est sise au-dessus d'une gigantesque masse de gaz naturel. C'est ce qui lui permet d'être plus que richissime. Il a créé une compagnie aérienne Qatar Airways massivement subventionnée pour devenir l'une des principales compagnies du monde ; il a créé et supervise la chaîne de télévision Al Jazeera ; il intervient massivement auprès de l'OTAN en Libye (et en Syrie semble-t-il) ; il fait des investissements tous azimuts en France, notamment dans des hôtels particuliers ; il essaie de placer des réseaux d'influence dans nos banlieues ; il met ses avions privés à la disposition de Mme Carla Bruni-Sarkozy ; et enfin il investit directement dans la politique français au plus haut niveau, comme le donne à penser l'article ci-joint.


CONCLUSION
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De même que j'ai pris l'engagement de ne pas aller me prosterner devant le président des États-Unis ou quelque autre responsable d'outre-Atlantique, je ne ferai pas non plus le voyage de Doha avec des valises vides, pour tenter de les faire remplir avec M. Al Thani.


Cela a toujours été au cours de ma carrière, c'est actuellement, et ce sera toujours dans l'avenir l'une de mes caractéristiques essentielles : je ne suis pas un adepte de la proskynèse. Dussé-je être le seul à penser de la sorte, j'estime quant à moi qu'un candidat à la présidence de la République française n'a à s'agenouiller devant aucun pouvoir si ce n'est celui émanant du peuple souverain.


Les seules instances devant lesquelles il doit s'incliner et auxquelles il doit obéir avec le plus grand scrupule, avant comme après son élection, c'est à la volonté majoritaire du peuple français, à notre Constitution et à nos lois. Point.


François ASSELINEAU
--

A lire sur Voltairenet.org : François Hollande négocie avec l'émir de Qatar


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01/02/2012

A propos de M. REGLING ; comment Bruxelles impose sa politique des retraites, des salaires et de l’énergie en France


Comme je l’explique dans mes conférences, c’est en effet l’une
des personnes essentielles qui a contribué à fixer la politique
économique et sociale de la France. Car, avec les fonctionnaires de sa
direction, il est l’auteur des « Recommandations spécifiques à la France
» faites par la Commission européenne dans son Rapport COM (2003) du 8
avril 2003 concernant les Grandes orientations des politiques
économiques des États-membres (période 2003-2005).


Les principaux points de ce rapport consistaient à IMPOSER à la
France, quel que soit son gouvernement (UMP, PS, etc.,peu importe) les
politiques suivantes :




1- abaisser le déficit public sous la barre de 3 % du PIB en 2004 au plus tard,


=> d’où les appels incessants à réduire le déficit public, appels
qui se sont soudain arrêtés avec la crise de 2008 : dès lors qu’il s’est
agi de « sauver les banques », rien n’a été trop beau et le déficit
public est monté, en France et en Europe, jusqu’à 8% du PIB dans le
silence médiatique général !




2- « réduire le coût de la main d’œuvre, notamment pour les bas salaires » [sic !],


=> d’où les plans pour développer les « petits boulots », les CDD
et les contrats à temps partiel. Le prétendu « gouvernement français » a
récemment annoncé qu’il travaillait sur des contrats à temps partiel de
7 heures de travail par semaine…




3- « réformer le marché du travail en « simplifiant » la protection de
l’emploi et en imposant des schémas d’emploi et de carrière « plus
flexibles » [re-sic !],


=> d’où les plans visant à faciliter les licenciements (cf. le
contrat CPE de M. de Villepin, qui avait jeté 2 millions de Français
dans les rues, et qui n’était que la mise en œuvre des instructions
européennes)




4- réformer complètement notre système de retraite,


=> d’où le forcing fait, par tous les relais d’opinion
médiatiques, pour inciter la France à adopter un système de retraites
par capitalisation au lieu de notre système par répartition. Ceci n’a
pour l’instant pas été suivi d’effets importants, et heureusement car la
crise survenue en 2008 a prouvé, dans des cas dramatiques aux
Etats-Unis, que des retraités dont les retraites avaient été investies
en actions pouvaient se retrouver sans ressources en quelques semaines.




5- élever l’âge effectif de la retraite [la Commission a indiqué successivement 65 puis 67 ans et vise désormais 70 ans...],


=> d’où la récente déclaration de François Fillon, qui a annoncé
qu’il fallait harmoniser avec l’Allemagne l’âge de départ à la retraite
en le portant à 70 ans ; d’où aussi la grande discrétion des socialistes
sur cette question des retraites.




6- « enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé »,


=> d’où les décisions régulières de « dérembourser » de plus en
plus de médicaments, la création d’un « droit d’entrée » de 30 euros
pour avoir accès à l’aide médicale d’État, etc.




7- « mettre en concurrence les marchés de l’énergie, notamment gaz et électricité ».


=> d’où la décision, scandaleuse entre toutes, du prétendu
« gouvernement français » d’ouvrir en janvier 2010 le marché du gaz à JP
Morgan et Goldman Sachs : des hausses considérables du gaz et de
l’électricité sont à prévoir de cette prétendue « ouverture à la
concurrence » qui devrait bien plutôt s’appeler « feu vert pour procéder
au racket des consommateurs français »




Il est à noter que M. Klaus REGLING, qui a quitté ses fonctions à la
Commission européenne en 2008, est l’actuel Directeur Général du trop
fameux Fonds européen de stabilité financière (FESF)… !

--


François ASSELINEAU



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Sortie de l’euro et de l’UE de la Grèce : les conséquences du référendum annoncé par Papandreou

LE CAC 40 RETOMBE À SON NIVEAU D’AVANT LE « SOMMET DE LA DERNIÈRE CHANCE »

 

Comme je l’annonçais dès hier soir sitôt la nouvelle connue, la
décision du Premier ministre Papandreou est un véritable coup de
tonnerre pour les européistes.

 

Non seulement la probabilité d’un rejet massif de la population
grecque est énorme mais le plan de sauvetage est mécaniquement bloqué
d’ici à la tenue du référendum. Ce qui laisse la porte grande ouverte à
un défaut de paiement de la Grèce et à l’effondrement du château de
cartes insoutenable qu’est la zone euro.

 

D’après les informations du Monde, le Premier ministre grec « aurait
été victime d’une rébellion au sein du Pasok, le parti socialiste au
pouvoir à Athènes. Le référendum grec, qui reviendrait à approuver le
plan de sauvetage européen, n’aurait lieu que cet hiver, sans doute en
février. D’ici là, c’est tout le plan décidé à Bruxelles qui s’effondre :
comment imaginer que les banques internationales vont accepter
d’effacer 50 % de leurs créances si les Grecs, par référendum, décident
de faire défaut ? Comment imaginer que le Bundestag allemand va voter
l’octroi d’aide supplémentaire à ce pays ? Jusqu’à présent, Berlin n’a
fait valider que le projet de FESF. Côté français, on ne voit donc pas
comment la Grèce va pouvoir vivre d’ici à ce référendum, s’il a lieu.

 

Un rejet par la population grecque du plan de sauvetage de Bruxelles
signifierait qu’il faut aller plus loin dans l’effacement de la dette
d’Athènes et donc prononcer un défaut de ce pays, catastrophique pour
toute la zone euro. De source française, on indique que les Allemands
sont stupéfaits et que le FMI découvre lui-aussi ce projet de
référendum.

 

Tout cela ne peut que conforter les Allemands dans leur volonté de
sortir de l’euro coûte que coûte, et même si les États-Unis tapent du
poing sur la table pour forcer l’Allemagne à y rester.

 

Cela fait plus d’un an que je ne cesse de souligner cette volonté
allemande de sortir de l’euro (et je l’ai encore souligné sur BFM
Business voici un mois). Or, c’est désormais ce qui se dit de plus en
plus ouvertement dans « les milieux bien informés ».

 

==> C’est par exemple ce que souligne la « Chronique Agora » de ce
week-end (article de Simone Wapler dans « L’Investisseur Or &
Matières » cité par Françoise Garteiser le samedi 29 octobre) :

 

« De La Rue, une entreprise britannique, leader mondial dans
l’impression de billets, aurait reçu une commande pour imprimer des
‘nouveaux deutschemarks’ selon une fuite d’un employé, postée sur un
forum. Par ailleurs, dans un récent interview au Spiegel, Wolfgang
Schäuble, ministre allemand des Finances, évoque la sortie possible de
l’Allemagne de la Zone euro à mots à peine voilés ».

 

« Nous sommes confrontés à des événements que nous n’avions pas
prévus », commence par dire Wolfgang Schäuble. Puis « nous voulons
sécuriser notre prospérité à long terme » après avoir évoqué le problème
du vieillissement de la population. Et qui dit population âgée, vivant
de rentes, dit population vulnérable à l’inflation.

 

« Dans cet interview sont ensuite évoquées l’inflation et/ou la
guerre comme moyen d’éroder la dette. En final, le Spiegel pose la
question d’une réforme monétaire (a monetary reform). Le mot ‘monétaire’
est très important, ce n’est pas ‘fiscal’. Les Allemands sont des gens
précis. Il ne s’agit donc pas de mesures budgétaires (faire rentrer des
impôts, réduire les dépenses publiques, etc.). Ce à quoi à Wolfgang
Schäuble répond : ‘vous avez exactement décrit l’énorme défi historique
que nous affrontons’… »

 

« Je peux me tromper », conclut Simone, « mais il me semble bien que
ce Wolfgang Schäuble et l’Allemagne ont une idée derrière la tête :
claquer la porte de l’euro si l’impression monétaire — jugée suicidaire
pour la prospérité à long terme — est décidée ».

 

 

 

CONCLUSION

 

 

 

Lorsque l’on est dans le TITANIC, la meilleure chose à faire
est de monter dans une des premières chaloupes et non de rester jusqu’au
bout avec l’orchestre qui continue sa sérénade.

 

 

 

Comme le propose continuellement l’UPR – seule dans son cas –
depuis sa création il y a 4 ans et demi, il est de la plus haute
urgence que les Français se rassemblent pour imposer à une caste de
traîtres la sortie de l’UE et de l’euro.

 

François ASSELINEAU



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